Tous mes voeux pour 2011

Mes chers amis,

Avec la nouvelle année vient le moment des voeux. 2010 me semblait prometteuse, mais 2011 démarre encore plus fort. Cette année, en raison de l’actualité, je ne crois pas pouvoir arriver à vous faire des voeux aussi brefs et personnels que l’année précédente. Et j’espère que jamais je ne vous donnerai mes voeux en deux lignes jetées sur du papier en 30 secondes.

Mais que vois-je dans l’actualité ?

Tout d’abord des élections démocratiques au Soudan, qui osent enfin remettre en question des frontières décrétées « intangibles » (par qui ?) car issues d’un héritage colonial. Il n’y a jamais eu de telle consultation populaire dans tout le continent depuis la décolonisation ! On pourrait vouloir citer l’Érythrée qui en 1993 s’était séparée de l’Éthiopie, mais elle avait déjà existée en tant que colonie italienne. Voici donc enfin l’histoire qui avance de nouveau, et un nouvel espoir pour beaucoup d’autres peuples.

Ces frontières arbitraires, imposées aux peuples par l’histoire, et que des dogmes voudraient sanctifier, représentent la satisfaction dans le statut-quo, la glorification de l’inaction, la complaisance dans la médiocrité.

Mais voici qu’un pays ose se créer ex-nihilo ! Et voilà donc que l’espoir nous vient d’un peuple très démuni, opprimé par des décennies de guerre, et un statut de sous-citoyen dans son propre pays !

Bien sur, c’est très mal vu par beaucoup de chef d’états de la région. Un certain nombre d’ailleurs garde une autre tradition – celle de décennies de pouvoir, de refus du résultat des urnes, puis de fuite en catastrophe lorsque le pays sort dans la rue pour demander le changement – il suffit de regarder l’actualité ! Ils ont donc des raisons très légitimes de l’inquiéter du résultat d’un tel référendum, qui montre que l’existence même d’un pays ne se maintient que grâce à l’accord de la population, et que l’oppression ne permet plus d’obtenir de force cet accord. Que le chantre du « politiquement correct » ne suffit plus à museler la vérité.

Certains y verront la main des États-Unis, de la Chine, ou de toute autre chiffon rouge qu’il est à la mode (et de bon goût) d’agiter. Il seront prompt à diaboliser l’initiative de ce peuple qui ose ne plus vouloir souffrir. Ils nous expliqueront que c’est vouloir remettre en avant l’état-nation, qui pour eux est une mauvaise chose, et qu’au nom d’un certain devoir d’ingérence on devrait interdire en Afrique.

Mais en quoi ces prétendues élites auraient des opinions « supérieures » à celles des autres, et de quel droit voudrait-elles les leur imposer ? Suivant lequel de leurs hauts principes devrait-t-on refuser le droit des peuples à disposer d’eux même ? De quelle manière ose-t-on dire à quelqu’un comment voter !

De nombreux pays, en Afrique et ailleurs, n’ont que trop longtemps souffert du misérabilisme et de la vision colorée en rose de certains. Ils veulent essayer de faire autrement. La population même le veut. On condamne ce popularisme, en oubliant qu’il est le fruit de l’expression populaire, essence même de la démocratie.

Personnellement, je vois surtout un peuple qui nous montre, à nous tous habitants de cette terre, et pour beaucoup plus fortunés qu’eux, qu’agir est important, que ce que certains bien-pensants peuvent dire d’eux n’est par contre pas important, que le changement peut être obtenu par les urnes, et qu’il n’y a pas de fatalité si l’on ose avoir l’ambition de ce changement. Au final, la communauté internationale représentante de l’ordre établi, sera obligée d’accepter ce nouvel ordre des choses, car ils ont bien l’intention de l’établir.

Pour cela bien sur, il faut savoir remettre en question les dogmes – comme celui de l’intangibilité des frontières coloniales en Afrique – avoir confiance en soi, en l’avenir, et au changement. Rien n’est intouchable, rien n’est interdit. On peut se dépasser, transcender ses limites – et ils nous le montrent.

Puisse cet exemple tous nous inspirer pour l’année 2011, et même 2012 et au delà.

Que vois-je d’autre dans l’actualité ?

Près d’Abu Dhabi, en plein désert, une entreprise Suisse a réussi a créer 52 orages de pluie l’été dernier, grâce au financement du président des Émirats Arabes Unis.

Voici donc l’humanité contrainte de vivre dans une cadre inhospitalier qui se rebelle, utilise la plus grande force dont elle dispose – son esprit, et donc sa science, pour essayer d’obtenir du changement. Et ce, de manière non polluante et peu coûteuse.

Que peut on faire avec de l’eau ? Mais tout ! Et tout d’abord de l’agriculture, pour ne pas dépendre pour son autosuffisance des subsides de telle ou telle activité. Des pays moins fortunés en pétrole mais souffrant aussi d’un climat désertique apprécieront sûrement.

Mais là encore, certains vont dire que l’on ose toucher à la nature, que l’on ne sait pas ce que ça risque de faire ailleurs, que s’il n’y a pas d’eau dans le désert c’est pour une bonne raison, que la biodiversité va être modifiée, que la terre est fragile, que c’est le caprice de certains, qui sont des apprentis-sorciers, que ces manipulations vont détraquer le climat (je ne savais pas qu’il était réglé comme une horloge !) et je ne sais quoi d’autre.

Bref, pour résumer, encore une fois ils vont refuser tout changement, quitte à oublier qu’il y a quelques milliers d’années le Sahara n’était pas un désert et a prétendre que la présence de dunes de sable ou la vie d’un quelconque insecte valent plus que de nombreuses vies humaines. Bien sur, confortablement installé dans un pays tempéré, bien nourri et bien logé, il est facile de critiquer ceux qui n’ont pas cette chance et osent vouloir espérer un meilleur sort. Il est aisé de leur recommander la prudence, alors que le temps (dans ses deux sens !) joue contre eux. Et même si on n’est pas dans leur quotidien, il est moralement rassurant de le décréter notre science, et leur imposer notre mode de pensée.

Encore une fois, selon certains, la glorification du statut-quo par l’ordre établi doit passer au dessus de la volonté des hommes, et même ici de la capacité et de la volonté de changement de l’humanité. Ils crieront au populisme si on leur dit que d’autres hommes dont la vie est aussi importante que la leur ont faim et soif. Ils argueront à raison du risque de perturbations climatiques, car ce qui les dérangerait surtout, c’est que d’autres nuisent à leur petit confort en voulant améliorer leur quotidien, car eux ne sont pas capables d’un tel effort.

Ils ont donc décrété que l’inégalité établie entre certains pays, ceux disposant de terres arables et d’autres subissant des terres désertiques, devraient être maintenue, en agitant le spectre du « risque », aussi flou soit il, et disant que ça leur rappelle des idées nauséabondes, par exemple des soviétiques qui voulaient irriguer avec la mer d’Aral.

Les idées n’ont pas d’odeur, la situation est complètement différente, et on pourrait se rassurer en disant que les personnes qui émettent de tels propos sentent surtout la naphtaline, mais ce serait se tromper. Malheureusement, ils sont très à la mode.

Les jérémiades anti-progrès, anti-scientifiques, c’est très populaire et particulièrement chez les jeunes, de manière même à constituer une idéologie, un ordre établi, duquel on s’éloigne à ses propres risques, notamment celui d’être mis au banc de la société comme un « méchant », un « réactionnaire », dont le seul crime est d’exprimer haut et fort une certaine vérité qui dérange.

Oui, l’homme a les moyens et la technologie de « se prendre pour Dieu ». Il peut faire des changements profond dans les conditions de son existence. Il suffit qu’il le veuille.

Mais pourquoi certains en ont peur de ça ? Je ne prétends pas avoir de réponse, mais je crois surtout qu’ils n’osent pas espérer un changement, car ils ont été trompés dans le passé, ou victimes à un moment ou à un autre d’un aléas du sort, et que depuis ils doutent en leur propres capacités. Qu’ils ont honte de savoir que pourtant, c’est à portée de leur main – bref honte de leur propre nature humaine.

Puisse donc en 2011, mais aussi en 2012 et après, la peur et la honte se dissiper pour tous ceux qui veulent être partisans du changement.

Moi même, avec la fin de mon clinicat en novembre 2011, je vais devoir envisager mon avenir. J’espère que ces valeurs que j’admire me guideront, et que l’effort et la chance m’apporteront un travail valorisant dans le domaine de la santé publique, avec un bon morceau d’informatique.

Le monde est vaste et les possibilités infinies ; voici donc tout ce que je vous souhaite pour la nouvelle année – plus d’inspiration, moins de peur et moins de honte pour que les années qui viennent voient autant de changement que ce que les premiers jours de 2011 nous ont donnés !

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